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La Carretera Austral, route mythique au coeur du Chili

Amérique du Sud, Argentine - Chili, Le carnet de bord| Vues: 3277

La Carretera Austral : de Villa O’Higgins à Coyhaique.

 

Depuis notre départ et les « quelques » galères rencontrées avec le vent, nous avions un peu hâte de poser nos roues coté chilien sur la fameuse Carretera Austral, réputée pour être le paradis du cyclotouriste.

La Carretera Austral, de Villa O’Higgins à Coyhaique, c’est une succession de lacs dont les nuances de bleus sont juste incroyables, des montagnes aux sommets enneigés, des rivières et torrents aux eaux cristallines… Nous évoluons sur des pistes qui nous dévoilent à chaque virage ou après chaque côte de nouveaux paysages.

Nous sommes en pleine période de floraison et ce sont des fleurs de toutes les couleurs qui ajoutent à ces paysages cette touche d’irréalisme.

Mais derrière ces clichés dignes des plus belles cartes postales… On va pas se mentir, on en chie sévère ! Ahahah  😳

Nous voulons être transparents et honnêtes sur notre expérience, et nous devons avouer que nous avons vécu pas mal de difficultés jusqu’à maintenant.

Notre plus belle étape à vélo a été celle que tout le monde redoute le plus ! La traversée du Lago del Desierto au Lago O’Higgins : 7 km de piste très technique, dédiée au trekking et pas tout à fait au vélo… avec des passages de rivières sur des troncs d’arbres, des racines, des côtes à pousser le vélo dans des chemins de 30 cm de large…et nous en passons…  Et bin en fait nous, ça nous a éclaté ! Nous y avons prit beaucoup de plaisir avec les VTT, en voici quelques images…

Après le vent, les taons…

Entre Puerto Bertrand et Rio Tranquilo, il y avait tellement de taons qu’au moindre arrêt, nous nous faisions attaquer. Nous n’avons pas pu nous arrêter manger convenablement sur ces 70 km. Dès que le vent se calme et que le soleil brille, les taons font leur apparition… Et oui, il faut choisir : le vent ou les taons…??? Mmmh Gros dilemme !

Des kilos de poussière respirés chaque jour.

Nous voulions de la piste, nous en avons ! Mais le problème c’est qu’ici passent beaucoup de pick-up, camions, 4×4 … et à chaque passage, c’est un nuage de poussière en pleine face, on se sent sales mais ça à la rigueur ça passe, il y a assez de lacs et de rivières à notre disposition pour nous débarbouiller, par contre avaler tout ça, c’est plus gênant…
Il parait que c’est pire de Janvier à Février en pleine saison touristique…

Du dénivelé, beaucoup de dénivelé …

Non pas que l’on s’en plaigne car nous adorons rouler en montagne mais nous ne nous attendions pas à autant de dénivelé sur cette première partie de la Carretera. Enfin, attention juste de ne pas arriver là comme nous, en mode « T’inquiète, ça va être easy ! » car  bien souvent, ça grimpe à plus de 10 % …

Règle Numéro 1 : Ne jamais se fier à un Chilien qui vous dit que la route est plutôt plate et tranquille ! 👿

 

Mais comme nous le répétons et nous aimons nous le rappeler dans les moments les plus difficiles, il y a toujours une récompense derrière chaque effort.

Comme en ce jour du 07 décembre. Nous roulons depuis l’embarcadère de Yuntan, en pensant arriver à Cochrane le soir même pour une étape d’environ 120 km. Nous nous rendons vite compte que nous avons minimiser le dénivelé et ce sont des côtes de 10%, parfois même bien plus, qui nous attendent sur cette route. Au bout de 80 km, nous sommes déjà bien entamés, nous nous arrêtons dans l’une des rares petites maisons que nous croisons en espérant pouvoir acheter un peu de pain. Nous sommes accueillis par un charmant petit couple de la soixantaine. La Doña nous sert un thé, puis de la pizza !!! Mmmh que c’est bon, nous ne pouvions rêver mieux !!! Nous ressortons avec du bon pain qui sort du four, prêts à repartir. Il est 16h, il reste 40km et miracle  le vent nous est favorable (comme quoi tout arrive), et pourtant :

  • Vincent : Ecoute, je ne sais pas toi mais moi je suis rincé !  J’ai vraiment mal au cul, je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour continuer à rouler avec cette P*** de selle,  je veux rester ici et manger de la pizza à plus en pouvoir… On leur demanderait pas pour rester ici cette nuit?
  • So : J’aurais pas mieux dit…

Pourquoi ne pas profiter un peu de cet endroit, sans penser aux kilomètres journaliers que nous nous imposons, et juste apprécier ce moment avec ces gens adorables ?
Nous allons leur demander si nous pouvons dormir sur place et c’est avec un grand sourire qu’on nous montre une petite grange où nous pouvons nous installer.

Nous discutons de choses et d’autres, ils nous racontent qu’ils ont toujours vécu ici, assez isolés, que l’électricité n’est arrivée que depuis 2 ans, la salle de bain date elle d’il y a seulement deux semaines ! (Alleluia pour nous qui profitons d’une bonne douche chaude). Le gouvernement chilien semble faire beaucoup pour ces personnes isolées, ils nous expliquent qu’un panneau solaire a été installé gratuitement, et la salle de bain également a été réalisée gratuitement. Ils vivent de leurs bêtes et de leur potager. La doña se rend « en ville » à Cochrane une fois par mois pour quelques achats et voir ses enfants et petits enfants. Le plus incroyable c’est que ces gens qui ne possèdent pas grand chose sont prêts à tout vous donner… et c’est très souvent comme ça! 

Puis, deux cyclotouristes chiliens arrivent et s’arrêtent également ici. Nous discutons et Vincent leur fait part de ses problèmes de fesses qu’il traine depuis Ushuaia… Un comble pour un cycliste « expérimenté » d’avoir fait un mauvais choix de selle… (elle ne lui convient pas du tout, il attrape des irritations et boutons qui lui rende le voyage très pénible, on voudrait bien vous faire partager davantage mais pour votre bien, mieux vaut éviter…).
Daniel, l’un des cyclistes, lui propose spontanément d’échanger contre la sienne, il ne lui reste plus que 2 jours de vélo jusqu’à Villa O’Higgins et il n’en aura plus besoin ensuite ! Il s’avère que cette selle est juste parfaite ! Une specialized, la même que celle que Vincent utilise en France sur son vélo de route ! Daniel, ce sauveur de fesses !!! 

Il y a des moments comme ça où l’on se dit qu’il y a quand même quelque part une bonne étoile

Arrivée à Coyhaique

Nous arrivons ici très fatigués et décidons de rester 2 jours afin de recharger les batteries. Coyhaique est certainement la plus grande ville que nous ayons visité jusqu’à présent. Une ville d’environ 50 000 habitants, capitale administrative de la région d’Aysén, entourée de montagnes. Nous sommes accueillis chez Patty et Fabian, un sympathique petit couple de la trentaine rencontré grâce à Couchsurfing. Nous profitons de cette pause en ville pour nous reposer, MANGER, faire une bonne lessive, MANGER et surtout un gros nettoyage des vélos qui eux aussi ont avalé trop de poussière sur cette première partie de la Carretera Austral.

 La Carretera Austral : De Coyhaique à Chaitén.

 

Peu avant Coyhaique, la route est de nouveau asphaltée sur de belles portions et nous prenons plaisir à rouler sans manger des kilos de poussières ! Les kilomètres défilent et les paysages sont de plus en plus verts, nous traversons des dizaines de chutes d’eau, la végétation devient plus luxuriante, et toujours ces belles montagnes en décor de fond…

La Junta – Catastrophe Naturelle à 70km au nord …

Nous arrivons à La Junta en fin de journée le 16 décembre et apprenons que le matin même, à 70km au nord à Villa Santa Lucía, est survenu une catastrophe naturelle : il est tombé des trombes d’eau ces dernières 24h provoquant une « coulée de boue » sur le village qui a été détruit en grande partie… À ce jour, les autorités comptaient une dizaine de morts dont une cyclotouriste française ainsi qu’une quinzaine de disparus dont quelques cyclotouristes 🙁 … Nous pensons aux familles, à ces personnes qui ont tout perdu, et espérons que les disparus soient retrouvés sains et saufs …

La route que nous devons emprunter vers le nord est donc totalement fermée, les carabineros (= les policiers chiliens) nous conseillent de rester à La Junta et de revenir aux nouvelles le lendemain.

Nous passons une première nuit dans un hospedaje pour éviter la pluie (sorte de « chambre chez l’habitant » en mode un peu plus rustre que ce que l’on connaît en France 😉). Le lendemain, la route est toujours fermée, nous décidons d’aller faire du camping sauvage au bord d’un lac à 8km de là. La météo est bonne, le spot est super agréable au bord d’un ponton où amarrent quelques bateaux de pêche. Nous y passons la journée et la nuit, avec en prime un petit feu de camp pour la soirée! Vincent n’en est pas peu fier pour son premier… 😂

Lundi 18 décembre : Feliz cumpleaños Sophie !!!

Au matin de ce 18 décembre, jour de l’anniversaire de Sophie, nous retournons au village pour les nouvelles fraîches. Les carabineros ne semblent pas avoir beaucoup d’informations, il semblerait qu’il soit possible de contourner Villa Santa Lucía par un chemin à pieds, mais il faut aller voir les carabineros sur place pour en être sûr (le réseau est coupé). Il faut dire que depuis la catastrophe, nous avons à chaque fois des informations différentes et prendre une décision dans ces conditions n’est pas facile au risque surtout de faire les 70km pour rien et de devoir rebrousser chemin…

Ils nous conseillent de faire du stop pour s’y rendre plus rapidement et ne pas risquer d’être coincés là-bas au soir, en zone sinistrée.

Nous commençons donc à faire du stop mais seuls les véhicules d’aide se rendent à Villa Santa Lucía et autant dire qu’il y en a très peu…la journée s’annonce un peu difficile sans trop savoir où nous serons ce soir et si nous pourrons célébrer l’anniversaire de Sophie comme il se doit.

Puis vers midi, alors que nous nous redirigeons vers le village, nous tombons sur deux allemands en camping-car avec qui nous commençons à discuter. Ils se souviennent nous avoir déjà croisé peu avant Puerto Natales ! Eux aussi sont embêtés avec cette route coupée et envisagent de prendre un ferry pour Chaitén plus au nord. Le courant passe super bien, lorsque Sophie leur dit que c’est son anniversaire, ils sortent de suite la petite liqueur pour trinquer et un gâteau improvisé avec une bougie ! Puis ils nous proposent d’aller avec eux aux thermes et dans un petit village sur la côte pacifique à 65 km de là ! On se dit qu’il faut profiter de l’instant, on verra bien pour continuer la route plus tard… allons célébrer cet anniversaire sans se poser trop de questions ! Nous passons un très bon moment dans ces sources chaudes…c’est juste l’extase pour nous de prendre un bain chaud ! Nous continuons ensuite jusqu’à Raul Marín, la « station » en bord de mer.

Là, nous apprenons que nous pouvons prendre le ferry pour Chaitén le lendemain matin, puis redescendre et prendre un autre bateau qui contournera Villa Santa Lucía et nous amènera sur notre route initiale pour rejoindre Futaleufú, à la frontière argentine. Le plan semble parfait !

Nous nous trouvons un joli spot pour la soirée avec nos amis allemands Jens et Sabine, qui nous préparent un super repas typiquement allemand. Franchement, La journée n’avait pas vraiment bien commencé mais tout a basculé  … Que demander de plus pour une journée d’anniversaire : une belle rencontre, un super moment de relaxation aux sources chaudes, un bon repas avec un bon vin chilien (offert à Sophie par le propriétaire des thermes !) et pour couronner le tout une fondue de fruits au Nutella en dessert !!! Et nous avons même pu passer la nuit dans le camping-car de Jens et Sabine, dans un lit King Size ! Le grand luxe quoi.

Nous les remercions encore pour leur générosité! Ce couple d’une quarantaine d’années pratique également le triathlon, nous espérons partager quelques coups de pédales un de ces jours en Europe !

Ferry pour Chaitén

*Pour la petite histoire sur la ville de Chaitén, en 2008, le volcan du même nom est entré en éruption et à entièrement recouvert la ville de ses cendres. (même l’aéroport de Buenos Aires à 1000 km de là à dû fermer !) Le village est déclaré zone interdite par le gouvernement, qui prévoit la construction d’une ville nouvelle au nord, près de la plage de Santa Barbara à 12 km de là. Mais à partir de 2010, contrevenant l’interdiction, une partie de la population est revenue vivre dans la ville, toujours déclarée par le gouvernement comme une ville morte. Depuis 2012, l’interdiction est levée et les habitants sont revenus progressivement…

Lendemain 10h – nous embarquons pour 7h de bateau à destination de Chaitén, en arrivant nous faisons quelques courses et mettons en route direction Puerto Cárdenas avec s’il vous plaît, vent dans le dos (Bin oui, on va vers le sud…). Les kilomètres défilent, la route est bonne et les paysages superbes, c’est très agréable de rouler en fin de journée comme ça, nous pensions nous arrêter dormir sur la route mais finalement nous avalons ces 45 km et arrivons vers 20h30 au village. Ici, il n’y a pas grand chose, on nous conseille d’aller planter la tente sous un pont pour être à « l’abri » de la pluie qui arrivera cette nuit d’après les locaux. C’est pas le spot rêvé mais ça ira pour ce soir… un repas à base de semoule-lentilles et au lit ! La pluie ne tardera pas à arriver.

Retour à la case départ 

Mardi 20 décembre – nous nous rendons sous une pluie battante à l’embarcadère, là, on nous dit qu’il n’y aura pas de bateau aujourd’hui à cause du mauvais temps et que de toute façon ce ne sont que des bateaux d’urgence et d’aide aux locaux, ils ne prennent pas de touristes ! Retour à la case départ … toutes les informations que l’on nous donne sont sans cesse modifiées ou erronées, nous tournons en rond…

L’un des hommes doit lire le désarroi de Sophie dans ses yeux et peut-être même voir le caleçon de Vincent dégouliner… Il nous propose d’aller nous réchauffer chez lui à l’abri de la pluie. Nous nous y rendons et faisons un feu pour sécher toutes nos affaires et surtout la tente, il nous laisse la maison et repart travailler. Lors d’une alcalmie, Sophie se rend de nouveau au port pour d’autres avis sur la situation mais il semble clair que nous devons faire machine arrière, repartir à Chaitén et envisager de remonter au nord par le Chili en oubliant le côté argentin pour le moment.

C’est ça aussi le voyage au long cours, devoir et savoir s’adapter, modifier ses plans,  son itinéraire, même si ça nous rend parfois grognons… (On est français quand même, merde !) mais se rappeler que rien n’arrive par hasard…

Gabriel, chez qui nous sommes généreusement reçus, nous propose de dormir chez lui et de nous emmener à Chaitén le lendemain matin car la pluie ne s’arrêtera pas et ce jusqu’à dimanche !

Nous qui pensions passer Noël à San Carlos de Bariloche, cela semble maintenant très compromis, nous avons déjà perdu trop de temps et nous allons de toute façon changer d’itinéraire. Nous continuons notre chemin au Chili et prendrons un ferry à destination de Puerto Montt demain, et de ce fait nous pensons passer Noël du coté de Puerto Varas, petite ville sympa au bord d’un lac et de deux volcans, à  une vingtaine de kilomètres au nord.

En parlant de temps, nous avons décidé d’arrêter de courir après, nous sommes en voyage et non  pas en compétition. Il est temps de prendre les jours comme ils viennent et la météo qui va avec, de s’adapter sans pédaler comme des fous pour essayer de toujours rattraper le temps perdu !  Nous ferons passer le plaisir avant tout car nous avons pour l’instant l’impression d’être trop souvent « dans le dur », nous espérons que l’année qui arrive saura nous donner un petit coup de pouce et une météo plus clémente pour pouvoir pédaler dans de meilleures conditions.

 

Joyeuses fêtes de fin d’année à tous.

Feliz Navidad !

 

12 Responses to " La Carretera Austral, route mythique au coeur du Chili "

  1. NORMAND dit :

    vos articles sont toujours super intéressants et émouvants, c’est réconfortant de voir ces gens simples et si accueillants, nous qui vivons dan une société de surconsommation et qui connaissons à peine le nom de nos voisins

  2. Alex dit :

    Bonnes fêtes de fin d’année à vous aussi.
    On pense bien à vous

    Biz
    Alex BM

  3. VIRIEUX dit :

    Faire plaisir aux autres ce que vous faites a travers vos photos et commentaires, vivre l’instant présent, sont deux points qui vous permettent d’être heureux, l’objectif sera atteint avec une adaptation à l’instant peu importe le temps écoulé. biz Jean marc Catherine.

  4. Fournel dit :

    Bravo les jeunes . Nous sommes émerveillés par votre récit. Continuez à nous faire rêver! Bonnes fêtes de fin d’année,. Bisous a vous 2.Claudine et Lulu

  5. Valérie dit :

    Coucou les aventuriers,
    Quel plaisir de vous lire et vous voir.Malgré les galères vous respirez le bonheur,votre récit est formidable comme vos rencontres, vos images… votre vie tout simplement.
    Merci encore de partager cette belle expérience:)j ai hâte de découvrir la suite notamment votre Noël:)
    Joyeux Noël à vous deux.
    Prenez bien soin de vous
    Gros bisoussss
    Valérie K wash

  6. Mario runco dit :

    Joyeux noël à vous les amis
    L aventure c est ca aussi partir sans savoir
    Vous êtes grands … profond respect pour ce que vous faites
    J adore vous lire et voir vos images et vidéos
    Et Vincent pourquoi tu as pris un vélo lol?
    Je vous embrasse très fort

    • Merci beaucoup pour ton message l’ami, en espérant que tu as passé un bon Noël. On espère aussi que tu vas bien et que de ton coté t’es projets avance et surtout que tu as la forme pour pouvoir les accomplir.
      On a enfin fait notre premier footing hier veille de Noël (quel plaisir), mais avec la fatigue du vélo et les conditions pas toujours évidente le soir, il est très très difficile de se motiver… En tout cas porte bien et entraine toi comme il faut, on t’embrasse très fort.

  7. Olive dit :

    Bonne fêtes à vous et a tous ceux que vous croiserez au cours de votre fabuleux périple !
    Merci de nous faire partager cette fantastique aventure !
    Bon courage et beaucoup de plaisir à vous !
    Olive

  8. DEVENOT Michel dit :

    Nous avons découvert votre aventure par Sylvie et Jean Marc nos amis , de très beaux paysages qui font rêver .Bonne année et surtout bonne route pour la suite.
    Cricri Mimi

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