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The Peruvian « Great Divide »

Amérique du Sud, Le carnet de bord, Pérou| Vues: 3219

Great Divide, Part One.

Lundi 2 Avril : nous quittons Huancavelica rechargés à bloc et plein d’enthousiasme, avec un beau soleil, prêts à affronter la Cordillère péruvienne par les pistes de la Great Divide, col après col, afin de rejoindre Huaraz (prochaine grande ville) à plus de 800km de là.

Nous savions qu’au Pérou, nous serions limite entre la fin de la saison des pluies et le début de la saison sèche. Mais cela fait quelques jours qu’il fait beau, avec un peu de chance on se dit que ça peut passer et puis une pluie par-ci, une pluie par-là n’a jamais tué personne.

Nous n’imaginions pas une seconde ce qui nous attendait …

Allez, fini les cols bitumés et linéaires, où l’on peut jouer à la moulinette quand ça devient trop dur… Maintenant quand ça grimpe, tantôt dans la bouillasse, tantôt dans la caillasse, c’est tout à gauche avec parfois l’obligation de se mettre en danseuse pour ne pas poser pieds à terre.

Les premières journées se passent bien malgré la difficulté constante du terrain, nous avons droit au soleil chaque matin, c’est très agréable et nous profitons pleinement des paysages sublimes que nous traversons.

La Cordillère tient toutes ses promesses, des animaux à foison (Alpagas, Lamas, moutons, chevaux, condors, etc) , des montagnes grandioses, un arc-en-ciel de couleurs et une végétation changeante en fonction de l’altitude. 

Pas de camions, ni de voitures pour nous en mettre plein le nez, et surtout pas de klaxonnes !

L’impression souvent d’être totalement isolé du monde extérieur, avec pour seule compagnie les animaux et quelques bergers qui vivent là en autarcie.

Bref, le calme à l’état pur. 

Mais vers 13h chaque jour, nous voyons arriver au loin les nuages noirs et l’orage.
Les derniers kilomètres sont très rythmés afin de tenter d’éviter la grosse « drache » comme on dit chez nous !
Du coup, changement de tactique, fini les grasse mat’ jusqu’à 7H00, maintenant c’est l’heure à laquelle on doit être prêts à enfourcher le vélo, et ainsi pouvoir terminer nos journées vers 14h avant la pluie.

Le problème, c’est que plus les jours passent, plus elle arrive tôt cette bougre …

Quand nous demandons des infos sur la météo aux locaux, on entend de tout et de rien, un jour on nous dit que la saison des pluies en est à sa fin, et le lendemain on nous affirme qu’elle ne s’arrêtera qu’en mai ! En fait, on se rend compte que plus on monte vers le nord, plus elle se décale … A ce rythme là, il pleut jusqu’en Septembre !  Quoi qu’il en soit, nous en paierons le prix fort…

Dans ces montagnes mythiques de la Cordillière, nous rêvions de planter la tente et de dîner autour d’un bon petit feu de camp. De pouvoir s’endormir isolés et emmitouflés dans nos duvets pour échapper au froid sec de ces lointaines contrées. De profiter des levers et couchers de soleil sur ces beaux sommets enneigés, tout en se réchauffant les mains avec une bonne tasse de café…
Le cliché du bivouac parfait, qui doit être repoussé…

Chaque après-midi, nous devons regagner les villages pouvant nous offrir un toit. Nous dormons en général dans une pièce vide de la municipalité, nous avons même dormi un jour dans le garde-manger du village avec des dizaines de sacs de patates (et la terre qui va avec…) !  Mais le principal est d’être à l’abri.

A partir du 7ème jour, le soleil nous quitte pour de bon et laisse place à un brouillard épais accompagné d’une pluie fine et de quelques grêles, et ceux dès la mise en route du matin. Ca en met un coup au moral.

Nous sommes souvent gelés, et pour mal faire Vincent a perdu ses sur-chaussures il y a quelques jours, ne pouvant maintenant compter que sur des chaussettes en couverture de survie fabriquées par Sophie, afin d’éviter de perdre un orteil !

Sophie commence sérieusement à être exténuée, le froid et les efforts intenses lui bouffent toute son énergie et en plus elle est malade. Vincent tente de la rassurer et de la rebooster :

Allez So, comme on se le répète souvent, après la pluie vient le beau temps ! Dame nature s’acharne, elle nous teste, mais elle sait pas que t’es une warrior et que tu vas la fumer ahah, nos efforts seront bientôt récompensés, il faut continuer ! 

Les locaux nous demandent : « Mais pourquoi vous êtes venu maintenant ? Il faut venir plus tard, en Juin il y a du soleil ! Il y a bien quelques cyclistes qui passent par ici mais toujours bien plus tard dans l’année. Vous êtes d’ailleurs les premiers cette année ! » On leur explique que sur un voyage au long court à vélo, on n’a pas toujours le choix des dates et qu’on ne s’imaginait pas une météo aussi capricieuse.

La première semaine se termine donc sur des sentiments mitigés, nous sommes fiers de le faire et de « repousser nos limites », heureux de pouvoir traverser des paysages aussi incroyables, certainement les plus beaux depuis le début du voyage ! Puis, d’un autre côté, la fatigue physique et surtout psychologique s’installe sérieusement …
A Chicla, une porte de sortie en direction de l’océan et des températures plus clémentes s’offre à nous, mais la côte péruvienne ne fait vraiment pas rêver et nous entendons pas mal de mauvaises histoires à son sujet (des vols, des attaques armées…), nous prenons donc la décision de continuer en espérant que la pluie finira un peu par se calmer. 

Bilan Matériel : 2 crevaisons dans la même journée et un porte-bagage cassé pour Sophie ! Mais bon, heureusement, Vincent s’est transformé en MacGyver !

Great Divide, Part Two.

Nous entamons la deuxième portion de la Great Divide avec une pluie et un froid à en faire trembler un Russe ! (Non, non, on en rajoute pas ! 😯 ) Au 8ème jour, nous sommes donc fatigués, rincés, sans goût… Bref, le plaisir n’y est plus ! Les paysages sont également moins intéressants : de la pampa et des nuages bas qui nous bouchent toute la vue. L’humidité et le froid auront eu raison de nous et nous ne souhaitons maintenant qu’une chose, c’est d’arriver au plus vite à Huaraz.

Quand on vit en extérieur, la pluie peut vraiment rendre les choses compliquées. une journée ça agace, mais ça passe, deux jours, ça énerve mais on se dit que ça va aller, à partir de la troisième journée, quand toutes nos affaires sont mouillées et qu’on n’arrive pas à les faire sécher,  et qu’il faut les enfiler humides à 6h du matin…là, ça devient une vraie galère.

Jour 9

Jour 9, une longue descente nous ramène plusieurs centaines de mètres plus bas, le climat change radicalement, il fait bon vivre à 2800m, c’est la première soirée que nous passons « à l’aise », sans devoir se dépêcher de se mettre sous le duvet ! Ah ce que ça fait du bien !!! On fête ça avec une bonne petite bière !
Malheureusement, ce n’est que de courte durée et il faut remonter ! Le lendemain, nous arrivons à Oyón, après les quelques heures de chaleur d’en-bas, nous retrouvons le froid et l’humidité des plus hautes altitudes…

A notre arrivée à Oyón, nous sommes littéralement encerclés par une tribu d’écoliers qui nous demande des…autographes !!!  😆 ça nous a bien fait rire et nous nous sommes prêtés au jeu, ils étaient très curieux et tellement contents de voir des « étrangers » chez eux.

Nous ne sommes qu’à 3600m d’altitude et l’idée de devoir repartir pour des cols à plus de 4500m n’enchante pas vraiment Sophie… Sachant qu’une montée sèche avec plus de 3000m de D+ nous attend. Elle n’a plus la force et nous prenons donc la décision de rejoindre Huaraz en bus, en faisant un détour par la côte car aucun bus ne passe dans ces montagnes escarpées.

Nous arrivons à Huaraz ce Jeudi 12 avril au soir, nous prenons une chambre et comptons bien nous reposer et surtout profiter d’une douche et d’une bonne lessive car nous n’avons jamais été aussi sales depuis le début du voyage !

Il y a bien sûr un sentiment désagréable d’abandon…mais comme on se le dit, quand l’envie n’y est plus du tout, il faut savoir être raisonnable et ne pas s’acharner. Même si nous aimons les défis, plaisir et liberté sont les maîtres mots à ne pas oublier !

Des dizaines de montagnes sont encore à gravir, reposons-nous quelques jours afin de mieux repartir…

Petites Anecdotes péruviennes

Pour la petite histoire, nous mangeons régulièrement dans les petits boui-boui avec des menus (souvent soupe, plat et thé) pour une bouchée de pain (entre 1 et 2 euros) et il y a bien un truc qui nous énerve, c’est qu’à chaque fois, on est moins bien servis que les locaux ! Non mais ça veut dire quoi ? On est des gringalets, on n’a pas besoin de manger autant ? Bien au contraire ! Ahah
Un autre truc qui nous agace, ce sont les prix à la tête du client ! Parce qu’on est des « gringos » on paye parfois le prix fort, les prix ne sont que très rarement indiqués dans les mercados ou les magasins, du coup, on ne peut pas vraiment contester…Ce ne sont que quelques soles qui ne représentent que quelques centimes, mais malgré tout, on a l’impression d’être pris pour des pigeons et ça, on n’aime pas !  👿 

4 Responses to " The Peruvian « Great Divide » "

  1. Papa et Maman dit :

    Encore un très beau récit de votre périple et de très jolies photos.
    Nous espérons de tout coeur que le temps s’améliore et que notre petite Sophie récupère au plus vite pour être en forme pour la suite…Reposez vous bien et sachez encore une fois que nous sommes très fiers de vous.Nous admirons votre courage.BRAVO les enfants.
    Nous vous embrassons bien fort tous les deux

  2. normand dit :

    et ben quel périple, et quel courage je serais en pleine dépréssion moi

  3. Valérie dit :

    Vos images et votre récit témoignent bien de la grande difficulté de votre parcours et encore et encore de la beauté de « Dame Nature ». Quel courage et quel mental vous avez, malgré des baisses de régime tout à fait compréhensives.Vous êtes épatant les champions:)Prenez bien soin de vous, gros bisoussss;)

  4. Defosse dit :

    Bon courage à vous les amies trop content de pouvoir vous lire dans mon petit lit de Brebières,vous pouvez être fier de vous courage à vous au plaisir d écoute lire.

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