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Grand Targhee MTB race : Pierre’s Hole 100, Wyoming, USA

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A Leadville (Colorado), alors que nous arrivons dans un Warmshower très sympathique, nous faisons la connaissance de Larissa Connors, Vététiste professionnelle et amie de la famille, qui participera à la Leadville 100 dans quelques semaines (la course marathon emblématique du pays) mais malheureusement pour nous, celle-ci tombe un peu tard dans le calendrier.

Larissa : Mais si vous voulez, il y a la Pierre’s Hole 100 dans 15 jours du côté de Jackson Hole dans le Wyoming. C’est une course également réputée ici aux Etats-Unis, j’y serais pour le 150km (100 miles), le site est incroyable mais pas sûr qu’il reste des dossards…

Le soir même, nous envoyons un email à l’organisation afin de savoir s’il y aurait de la place pour deux petits Frenchis, sur le 50km pour Sophie et le 100km pour Vincent.

Réponse positive quelques minutes plus tard, il nous garde deux places et nous dit que nous verrons les modalités sur place. Yes !

  • Sophie : Mais quand on regarde la carte, c’est quand même pas tout prêt d’ici Jackson, presque 1000 km en passant par Nederland… Tu crois vraiment qu’on peut y être dans les temps sans pédaler comme des dératés ?
  • Vincent : Si on est short niveau timing, on fera du stop et voilà. Great Divide ou pas, je préfère aller m’éclater un week-end à faire une course de VTT dans un endroit top que de me taper un bon vent de face dans les zones désertiques du Wyoming avec un vélo qui pèse une tonne !

La messe étant dite, rendez vous à Grand Targhee Resort (lieu de l’évènement).

Deux semaines plus tard…

A 20km de Grand Targhee, nous faisons une pause à Driggs pourdéjeuner et flâner dans un magasin de vélo,  Vincent rêve un peu sur toute la gamme Santa Cruz.

Ici aux Etats-Unis, les magasins sont fournis comme nulle part ailleurs, c’est un peu le Disneyland du cycliste !

Vincent tente sa chance et demande au patron s’il aurait un vélo type cross-country et si possible un Santa Cruz « Blur » (tant qu’a faire…) à lui louer pour la course.

  • Mitch : Si bien sûr, il y a celui-ci à ta taille qui n’a servi qu’une fois, c’est pas vraiment un vélo de location, il est quasi neuf, mais bon je peux faire une exception…pour 85 $ je peux te le laisser tout le weekend.
  • Vincent, après quelques minutes de réflexion : Ok, c’est bientôt mon anniversaire, disons que ça sera mon petit cadeau anticipé.
  • Mitch : Dans ce cas, j’ai pas le choix que de contribuer un peu surtout après le parcours que vous avez fait, allez je te le laisse pour 50 $, et si vous voulez, je peux vous prendre jusqu’à Grand Targhee en pick-up, j’ai un deuxième magasin là-bas, je dois y être pour 14H30 et comme ça vous économiserez des forces pour demain !
  • Comment dire… MERCI MERCI!!!

Arrivés sur place, Mitch nous présente Andy l’organisateur de la course!

« Ahh voilà les petits français, vous avez pu venir, c’est super ! »

Nous voyons au loin le terrain de camping où déjà pas mal de tentes sont installées, et nous lui demandons si nous pouvons installer notre tente avant de faire les réglages des vélos et venir aux inscriptions.

  • Andy : Ah non, pas de camping pour vous, vous n’en avez pas marre de la tente ?
  • Euuuuh si si mais…
  • Andy : On vous a réservé une chambre, suivez-moi !

Sur le coup, nous ne comprenons pas très bien…

Andy nous met entre les mains des réceptionnistes où tout est déjà prêt. Nous disposons d’une chambre que l’on pourrait qualifier de suite avec deux grands lits king size, une vue imprenable sur les montagnes, un accès à la piscine gratuit, café et thé à disposition, bref LE CARLTON !!! Et tout ça non pas pour une, mais pour deux nuits !

  • Vincent : Je ne comprends pas, pourquoi on aurait droit à tout ça ? t’es sûre que tout est gratis ??? Parce que sinon on a plus qu’à appeler le banquier…
  • Sophie : Nan mais c’est un truc de fou, mais oui oui à la réception, le mec m’a bien confirmé que tout était réglé.

Allez descendons un peu de notre nuage, il est temps de filer récupérer nos dossards et régler les inscriptions.

Petit bug pour Vincent qui a été inscrit sur le 100 Miles (150km) au lieu du 100 km :

  • Peut être que je pourrais le tenter sans trop forcer, nan?
  • Oublie ! T’es pas entrainé pour un 100 miles, n’oublie pas que t’es déjà parti pour minimum 5h d’effort sur le 100 km … c’est déjà pas mal !
  • Ouais, c’est pas faux …

Petite modification faite, nous retrouvons Andy qui nous annonce que nous n’avons rien à payer, nous sommes tout simplement invités ! A nous deux, cela faisait quand même 250$ de frais d’inscriptions !

  • Vincent : Nan mais attends, même les pros comme Larissa doivent payer, pourquoi des pinpins comme nous auraient tout gratuit ? Peut-être le mec croit qu’on est des machines ou des bloggeurs connus ! Si c’est ça, il va pas être déçu avec nos « 37 » Followers !  :mrgreen:
  • Sophie : Franchement j’en sais rien, j’ai juste envoyé un email en expliquant en 3 lignes notre parcours et pourquoi on voulait faire la course afin que ça puisse jouer en notre faveur si jamais il n’y avait plus de place, basta !
  • C’est fou… et dire que tu hésitais à venir ici pour ne pas avoir à faire du stop …

Nous retournons au magasin de vélo afin de régler nos montures comme il faut et rouler un peu !

Au passage, Mitch dit à Sophie qu’il ne savait pas qu’elle participait à la course mais que si elle le souhaitait, elle pouvait se servir dans les vélos de location ! Malheureusement, Sophie ne trouvera pas un vélo à sa taille et préfère donc faire la course avec son bon vieux GT.

Avant de partir rouler un peu sur le parcours, Mitch nous souhaite une bonne course pour demain car il ne pourra pas être présent et nous offre une casquette ainsi qu’un t-shirt du magasin, comme si on n’avait pas été assez gâté…

Nous croisons Larissa qui elle, jouera la gagne demain, discutons quelques minutes avant de regagner notre chambre où à défaut de se faire un petit restaurant pour fêter tout ça, nous ferons le choix du réchaud pour un plat à base de pâtes et oeufs dans notre chambre à « 10 000$ »!

Lendemain 5h30 : Le réveil est difficile, le départ de Vincent est à 08H10 et 8H45 pour Sophie.

Même sans entrainement et surtout sans objectif, Vincent est stressé depuis la veille au soir et c’est toujours marrant de le voir dans ces conditions, il aime que tout soit bien organisé, il ne parle plus et s’agite un peu. Alors que Sophie moins compétitrice est plutôt tranquille et détendue.

  • Vincent : Avec l’amortisseur arrière, je ne peux mettre qu’un bidon sur le vélo et avec un ravitaillement tous les 25 km, c’est vraiment très limite. Je n’ai pas intérêt à en louper un. Le top aurait été un CamelBack, surtout dans du Singletrack mais bon, on fera avec ce qu’on a…

Quand on connait l’historique des déshydratations en course de Vincent qui perd énormément de sel, et sa faculté à gérer son effort, il y a de quoi avoir « un petit » doute!

Après un bon échauffement de 30 minutes, le voilà sur la ligne de départ et là, finit les petites courses de villages d’Amérique Latine, cette fois il y a du beau monde.

Nous qui aimons rester plutôt discrets, nous sommes appelés au micro du speaker qui en profite pour expliquer pourquoi nous sommes ici et d’où nous venons…

Grâce à ça, nous ferons la rencontre de Sylvain :

Ahhhh mais vous êtes Français, moi aussi ! Je vis du coté de Salt Lake City depuis 3 ans maintenant. Je fais le 100km aussi !

Plus tard nous apprendrons que Sylvain à également voyager à vélo avec sa femme et ses deux enfants.

On essaye de se persuader que 50 ou même 100 Km, c’est rien à côté de ce qu’on peut faire parfois chaque jour. Mais on sait très bien que la journée sera longue et même douloureuse car rouler « tranquille miche-miche » à faire du cyclotourisme n’est absolument pas comparable…

Alors que Vincent et Sylvain sont partis pour deux tours de circuit. Sophie s’échauffe tranquillement avant de s’élancer à son tour pour une boucle.

6H55 plus tard alors que Sophie à fini depuis quelques temps déjà, Vincent rejoint la ligne d’arrivée.

  • Sophie : Alors mon gros, comment ça s’est passé ? Tu finis 19ème au classement, bravo !
  • Vincent : Laisse tomber, j’ai encore fait n’importe quoi, ça me saoule, je te jure. Dans le premier tour je suis vraiment bien, on m’annonce 5ème après 20km alors du coup tu te doutes qu’avec l’excitation et la concentration, j’étais tête dans le guidon…Et devine quoi ? Je loupe le ravito !!! J’ai quand même encore plus de la moitié de ma gourde mais en descente impossible de boire… Je ne sais pas comment les mecs arrivent à gérer sans Camel Back!  D’ailleurs à ce sujet, je pensais être à l’aise et technique en descente, mais c’est là que je perdais du temps et me fatiguais le plus. Après 45km et presque plus rien dans mon bidon, je sais que c’est foutu ! Un bidon de 650ml en presque 3 heures d’effort, pas besoin d’être spécialiste pour comprendre que ce n’est vraiment pas assez. Même un gamin de 15 ans ne fait pas ce genre  d’erreur… Bref, je fais le premier tour en 2H5O, mais derrière il reste 50 bornes à tirer…  Les jambes étaient très bonnes, le cardio pareil, mais comme à Embrun après le premier tour, je commence à avoir mal à la tête, des nausées et tout le tralala, même en descente ça devenait dangereux j’étais plus vraiment lucide… Obligé de m’arrêter vomir et demander de l’eau. Enfin, du grand Vincent Sobecki. J’arrive au ravitaillement du 70ème km comme un zombie, je pose le vélo et je pense encore à abandonner. Je m’arrête bien 30 minutes en mangeant que des chips et en alternant coca et eau. J’essaye de repartir comme je peux en restant derrière un mec pour essayer de finir avec et après 5 minutes je retrouve des couleurs et des forces, du coup je me suis mis à appuyer les 20 derniers kilomètres et j’arrive même à finir fort en rattrapant une bonne quinzaine de concurrents,  c’est tellement frustrant ! 
    Enfin en tout cas, quelle course !!!
    Et toi ma poule ? tu les as toutes exploser ?
  • Sophie : Bon, j’irais pas jusque là, hein… 🙂 
    Moi je finis 20ème sur 44 féminines. J’avoue que j’espérais bien mieux mais bon, j’ai fait ce que j’ai pu ! C’était parfois assez difficile de prendre du plaisir avec mon vélo car il est lourd et vraiment très rigide, je ressentais tous les obstacles, pas facile non plus techniquement pour la descente sur du single track et les nombreuses épingles, je n’ai vraiment pas l’habitude et je me faisais pas mal doubler ! D’ailleurs tu me connais, je suis plutôt cool et du coup, je m’arrêtais laisser passer les gens dès que j’en avais au cul !
    Ce qui m’a bien embêté aussi, c’est d’avoir pété ma montre la veille, du coup sans chrono, je ne savais absolument pas où j’en étais, c’est dur de doser son effort dans ces cas là. Bref, j’ai du boulot si je veux me mettre à la course cross-country mais ça ne m’a pas déplu ! Et les paysages étaient dingues, quand on roulait dans les fleurs de toutes les couleurs c’était tellement beau…j’aurais dû prendre mon appareil photo !

Une fois remis de nos émotions, nous avons droit à un énorme buffet de tacos offert par l’organisation !

Pour clôturer ce merveilleux week-end, nous passerons la soirée en compagnie de Sylvain autour d’une bonne bière, sauf pour Vincent qui, à cause de ses erreurs, devra se réhydrater correctement avec de l’eau et un « semblant » de soupe… (sa soupe ressemblait plus à un pâté de lentilles qu’à une soupe mais bon…c’est toujours mieux que des frites !)

  • Sophie : Voilà ce qui arrive à toujours vouloir être trop gourmand, vu ton temps sur le premier tour, si tu avais fait le 50km, tu aurais fait un podium !
  • Vincent : Il y en aura d’autres…  Un jour, on reviendra !

Le lendemain matin, nous sommes nostalgique à l’idée de quitter cet endroit, nous aurions bien profité du site encore quelques jours…
Mais malgré la fatigue, il faut remettre en route, direction Wilson, 60km avec un col en guise de décrassage !

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