Écrit par

On répond à vos questions !

Le carnet de bord, voyage| Vues: 1736

Tout d’abord, merci à tous d’avoir participé à ce nouvel article et de nous avoir inspiré avec vos questions !
Après presque 10 mois sur les routes du continent américain au guidon de nos VTT, nous voilà maintenant à l’heure du bilan !

La vie plus sédentaire se dessine au Canada, les premiers jours ont été assez durs moralement. Il faut gérer toutes ses émotions entre l’excitation d’y être arrivé, le stress du flou total quant à la suite de cette aventure, les nombreuses questions qui se bousculent dans nos têtes, le manque de nos proches, particulièrement lors des 30 ans de Vincent…
Bref, un condensé de sentiments forts et déroutants.
Nous sommes arrivés depuis 10 jours chez Jay, notre hôte Workaway, chez qui nous redécouvrons le confort d’un lit douillet, d’une douche quotidienne, d’une cuisine équipée… La vie est paisible ici, mais nous ne sommes pas là pour vous raconter notre quotidien cette fois-ci, nous sommes là pour répondre à vos interrogations ! 🙂

Alors c’est parti !

General

  • Quel est votre meilleur souvenir ? Et le pire ?

Sophie : Difficile de choisir un meilleur souvenir, il y a eu tellement de moments forts… L’un des meilleurs moments qui me vient en tête serait les quelques jours passés en Bolivie avec nos amis Capucine et Vianney, alias « les blonds » ! Une rencontre qui nous a fait du bien…

Au bout de ma vie sur la Peru’s Great Divide

Et mon pire souvenir, pas besoin de chercher bien loin, je crois que j’ai été au bout de moi-même sur la Great Divide péruvienne ! Même si aujourd’hui, j’ai du mal à vraiment voir ça comme un « pire souvenir », mais quand j’y repense en détail… Le froid, l’humidité, la boue, les dénivelés de gros malade… et ça pendant plusieurs jours… C’était magnifique mais putain, j’en ai chié comme jamais !

Sajama avec les blonds

Vincent : Pour le meilleur, je dirais notre week-end pour la course de VTT à Grand Targhee Resort (Etats-Unis) ! Du soleil, des gens extraordinaires, un décor incroyable, du vrai VTT , du confort … What else ?
Mais nous avons tellement de bons souvenirs… C’est vrai que la semaine avec les blonds était bien cool aussi, je me souviens avoir eu un peu le cafard quand on a dû remettre en route !

Pour le pire moment, je me souviens d’une fois où j’ai comme qui dirait … « perdu mon sang froid » !
Au Chili, Alors que nous étions exténués après un passage de col vraiment hard avec une moyenne de 15% dans la caillasse sur 7 km. (Un blog annonçait un niveau de difficulté de 5/10 avec une carte plus qu’approximative… Même avec mon VTT d’entrainement, pas sûr que je passais debout sur les pédales. Autant vous dire que je rêve de rencontrer l’auteur, qu’il m’explique et me montre ce qu’est pour lui une difficulté de 8-10/10) Bref, après la descente très technique, le chemin se transforme en rivière, plus de traces, nous sommes perdus !  Ni les cartes, ni Mapps.me n’indiquent un semblant de chemin. Et là, disons qu’avec la difficulté de la journée, le fait que nous n’avons plus que très

Bike-packing Araucania, Chili

peu de provisions, et pas un chien à des kilomètres à la ronde pour nous aiguiller… Je pète un cable ! Sophie me laisse avoir mon quart d’heure de folie 😈 puis nous décidons de camper sur place et d’y réfléchir plus calmement… soit nous repartons en arrière, c’est-à-dire se retaper le col dans l’autre sens sans savoir s’il y a un autre chemin, soit s’obstiner à passer cette rivière et voir ce qu’il y a derrière… Nous choisissons la seconde option et le lendemain matin, après quelques kilomètres de galère, un deuxième passage de rivière plus large encore, nous retrouvons le chemin… « Tu vois Vincent, ça servait à rien de s’énerver ! »
Le pire c’est qu’aujourd’hui quand on y pense, c’était sans doute l’une des meilleures semaines de vélo du voyage !

  • Vous êtes-vous senti en danger pendant votre voyage ? (hommes, animaux sauvages…)

Cat VS Tarantula

Sophie, Vincent : Jamais ! On s’est senti en sécurité tout le temps, dans tous les pays traversés. On ne s’est jamais senti agressé et on n’a jamais eu peur d’être volé…
C’est l’avantage de faire cette traversée uniquement par les montagnes. Les populations sont connus pour être plus cool et sympas et il y a beaucoup moins d’histoires de vols ou d’agressions en montagne que sur les côtes…
Et pour les bébêtes, franchement, mis à part quelques serpents écrasés sur la route en Amazonie, quelques belles araignées dont une tarentule en Argentine… nous ne nous sommes jamais retrouvés face à face avec un animal dangereux. Sophie serait même presque déçue de ne pas encore avoir vu d’ours ! Mais bon, on est au Canada maintenant, on va bien finir par en voir un !

  • L’abandon vous a-t-il traversé l’esprit ? Si oui, qu’est-ce qui vous a motivé à continuer ?

Sophie : Il y a eu des moments où j’en avais marre, tout simplement… Où je rêvais du confort d’une maison douillette, d’un bon repas en famille… mais jamais je n’ai pensé à abandonner.

Adios Amigos !

Vincent : Jamais, l’objectif est d’aller au Canada alors allons au Canada, sauf soucis majeur bien entendu.
Il y a des voyageurs qui préfèrent se laisser aller complètement sans aucune destination à atteindre. C’est compliqué pour moi, j’ai besoin d’une « ligne de conduite », d’un objectif pour me motiver dans les moments de moins bien. Mais je dois avouer m’être parfois ennuyé sur le vélo et il a fallut me remettre en question, en pensant à l’objectif principal qui était de découvrir des cultures et rencontrer des gens formidables. Car c’est sans doute ce que l’on retiendra le plus de ce périple, les gens.

  • Comment tenir dans les moments les plus difficiles ?

Sophie, Vincent : On l’a souvent répété… « Après la pluie vient le beau temps ! »
Et même s’il y a eu des périodes difficiles (particulièrement en raison des conditions climatiques), on savait qu’une bonne surprise nous attendait toujours derrière !

  • Si vous deviez vivre dans l’un des pays traversé, ce serait lequel ?

Sophie : Mmmh j’ai du mal à choisir, mais dans l’ordre je dirais Chili, Etats-Unis, Colombie.

Vincent : Pour moi ça serait les Etats-Unis, et pourquoi pas le Chili…

  • Quel est à vos yeux, le plus beau paysage que vous ayez traversé ?

Sophie : Il y a eu des paysages magnifiques tout au long du parcours, le Terre est incroyablement belle et ça nous fait prendre conscience encore plus qu’il faut la préserver ! Mais je pense que les paysages qui m’ont le plus marqué sont ceux du Paso Sico et du Sud Lipez (Nord Argentine-Chili / Sud Bolivie). Ce sont des paysages uniques, qui coupent littéralement le souffle !

Vincent : Je dirais comme Sophie, ce sont des paysages que nous n’avons vraiment pas l’habitude de voir et qui n’existent nul part ailleurs ! Ici le vélo, même si c’est loin d’être simple de pédaler entre 4000 et 5000m d’altitude, s’est avéré être la meilleure façon de découvrir ces contrées. Cela nous a permis de nous sentir vraiment seuls au monde, de rencontrer les locaux et d’avoir ce sentiment d’accomplissement !

Relationel

  • Vous êtes-vous fait des amis que vous comptez revoir ou recevoir en France ?

Sophie, Vincent : Oh oui, comme nous l’avons déjà expliqué dans un article, les rencontres sont nombreuses, chaque jour ce sont de nouveaux visages, de nouvelles conversations, de nouveaux souvenirs. Mais les amitiés qui perdurent sont elles, beaucoup plus rares… Cependant, nous avons eu la chance de rencontrer des personnes géniales avec qui nous gardons le contact (Pato à Chos Malal (Arg.), Jean-Marc et Catherine à El Calafate (Arg.), Fefo à Pucón (Ch.), Richard à Jaén (Pérou), … bref, nous ne pouvons pas tous les citer) mais nos principaux « coups de coeur  » sont :

Capucine et Vianney, un couple de Lillois à vélo également de L’Argentine à la Colombie, nous nous sommes rencontrés dans un dispensaire dans un village de Bolivie…le courant est tout de suite passé entre « gars du nord » ! Nous avons passé quelques jours extra ensemble à Sajama et à La Paz et gardons le contact régulièrement en attendant de se boire une bonne bière à Lille !

Avec Julien, Medhi et Sofiane à Cafayate

Julien et Medhi, des potes de Metz (enfin, Medhi vient du nord également…:) ) qui se sont lancés dans une traversée à vélo d’Ushuaia au Mexique, avec pour but d’apporter de l’aide humanitaire dans les pays traversés. Nous les avons rencontré lors de cette fameuse journée en Patagonie où nous avons dû rouler jusqu’à la nuit tombée pour trouver un abri. Puis, nous nous sommes revu à El Chaltén, sur la Careterra Austral, et par surprise à Cafayate au Nord de l’Argentine ! Nous sommes d’ailleurs très touchés d’être invité au mariage de Julien en Juin 2019…espérons que nous soyons rentrer pour l’occasion !

Juan et Alexandra, nos hôtes colombiens warmshower à Medellín, avec qui nous avons passé une super semaine, nous nous sommes tout de suite senti bien avec eux. Vincent veut que Juan vienne faire l’étape du tour de France et en retour Vincent ira faire l’étape Colombienne. Mais il va falloir s’entrainer un peu car Juan n’est pas un rigolo et il a failli gagner cette année l’étape Colombienne, rien que ça !

  • La famille vous manque-t-elle ?

Sophie, Vincent : Bien sûr que oui et on doit avouer beaucoup plus que lors de notre voyage en Australie… La maturité peut-être, on sait maintenant qu’il serait compliqué de vivre à long terme loin des nôtres. Il y a aussi des moments où le manque est plus intense que d’autres, comme lors d’heureux évènements (comme les mariages de nos amis) mais aussi particulièrement lors d’événements plus tristes où l’on voudrait pouvoir serrer nos proches dans nos bras. (Mamie Janine †, Darwin †)

  • Vous êtes-vous senti assez soutenu par vos amis et votre famille ?

Sophie, Vincent : Oui, nous avons toujours été soutenu et encouragé ! Par nos parents mais aussi par notre famille et nos amis. Bien sûr, on se rend compte aussi de ceux qui prennent des nouvelles régulièrement, qui envoient un petit mot ou juste un petit « like  » … et ceux qui le font moins, voire pas du tout. Mais bon, on n’en veut à personne car on n’est pas les mieux placés pour appeler ou donner des nouvelles !  🙄

  • Où avez-vous trouvé les gens les plus sympathiques ? et au contraire, antipathiques ?

Famille de Phoenix, USA

Sophie : Ma réponse va certainement en étonner plus d’un…mais nous avons vraiment adoré les américains ! Tout au long de notre traversée des USA, nous avons rencontré des gens extrêmement généreux, spontanés et sympathiques !

Pour ce qui est des « antipathiques »… pour le coup, je ne veux pas mettre tout le monde dans le même panier car nous avons fait de très belles rencontres aussi dans ce pays, mais disons que les boliviens, particulièrement les boliviennes sont parfois froides et distantes. On a eu quelques expériences pas super sympathiques avec quelqu’unes !

Vincent : Je dirais également aux Etats-Unis sans hésiter. On ne compte plus les moments où on a été encouragé, accueilli, félicité dans ce pays ! L’accueil spontané des gens nous a vraiment surpris et beaucoup appris.
En revanche, je n’ai pas toujours trouvé l’accueil très agréable au Pérou. Je ne pouvais plus entendre les « Gringo » par-ci, « Gringo » par-là !!!

  • Des conflits pendant le voyage ? et si oui, Comment gère-t-on les disputes quand on vit H24 ensemble ?

Sophie, Vincent : Les premières semaines ont été un peu difficiles sur le plan relationnel. Il faut s’habituer à ce nouveau rythme de vie et  surtout à ses contraintes. Il faut dire qu’en plus, on n’a pas eu des débuts faciles avec le vent extrême de Patagonie, du coup ça monte, ça monte, jusqu’à éclater en pleine « Carretera Austral » ! Mais souvent, il faut que ça explose un bon coup pour repartir sur de bonnes bases, et c’est ce qu’il s’est passé pour nous…
On s’est ensuite rappelé que dans ces moments difficiles, mieux vaut rester soudés et s’encourager, plutôt que de prendre son partenaire pour cible !
Sinon, comment on gère les disputes ? Tout simplement en roulant à 300 mètres l’un de l’autre ! Ahah
Par contre le soir venu dans la tente, la distance n’est plus possible…Alors c’est salade de culs tournés chacun dans son duvet ! Heureusement, ce n’est arrivé que très rarement, voire une seule fois !
Pour résumer et sans en faire des tonnes, notre entente a été quasi parfaite !

  • Et la question qui tue : Combien de fois avez-vous fait l’amour ?  😯

Sophie, Vincent : Merci les blonds pour cette question on ne peut plus intéressante !
Pour la petite histoire, on avait eu cette conversation en Bolivie tous les quatre, en disant que la libido n’était pas à son max lors d’un voyage de ce genre ! Et Sophie avait sorti : « Déjà, si tu le fais 4 fois dans l’mois, t’es dans un bon mois ! » Ahahah Bref, voilà donc la raison de cette question si précise !
On n’y répondra pas en terme de chiffres…mais en tout cas, on peut vous dire que si vous faites un voyage à vélo en guise de voyage de noces, ne vous attendez pas à ce que ce soit torride ! Fin de la discussion…

Pratique

  • Comment avoir les portables chargés tout le temps ? (et autres appareils électroniques)

Rien de bien compliqué, nous avons un chargeur externe qui nous permet de charger le portable jusqu’à 7 fois. Nous n’avons pris qu’un téléphone puisque nous n’avions aucun intérêt à s’encombrer de deux.
Pour le reste des appareils, nous dormions quasiment tout le temps au moins une fois par semaine dans un hostel, couchsurfing ou warmshower, il y a toujours un endroit pour charger à un moment ou à un autre.

  • Comment vous guidiez-vous (GPS, cartes papiers) ?

Principalement avec l’application Mapps.me sur notre SmartPhone. Nous ne nous sommes perdu que deux fois dans nos souvenirs. (Vincent est fier !)
Nous avons dû acheter des cartes papiers uniquement pour la Great Divide Mountain Bike Route aux Etats-Unis.

  • Avez-vous eu des difficultés à vous nourrir et vous loger ?

Assiette typiquement Bolivienne /Péruvienne : riz-pâtes-frites dans la même assiette et poulet frit à tous les repas !

Pas vraiment des difficultés puisque nous trouvions quasiment toujours un endroit où dormir et manger, même si ça demandait parfois beaucoup de temps et d’efforts ! Nous avons « un peu » galéré en Patagonie car impossible de planter la tente avec 80 km/h de vent et pas un arbre à l’horizon… Les villages se faisant rares aussi sur cette portion, il nous est arrivé de pédaler jusqu’à 22h30 (en ayant commencé la journée à 8h) pour trouver une estancia où planter la tente.
En ce qui concerne la nourriture, nous avons toujours trouver de quoi nous ravitailler. Sauf une fois en Bolivie, on est arrivé dans un village perdu dans le désert, qui accueille juste quelques groupes de touristes en 4×4…et les quelques restaurants du villages n’ont pas voulu nous servir à manger car c’était uniquement pour les touristes accompagnés ! On a souvent été frustrés de la bouffe en Bolivie aussi : riz et poulet frit à tous les repas …

  • Niveau hygiène, comment vous-en êtes vous sorti ?

Pas trop mal finalement ! On va dire que la période la plus critique hygiéniquement parlant, était la traversée Argentine/Chili. Puisque ce sont des pays assez chers et donc nous ne pouvions pas nous payer une chambre ou un emplacement de camping régulièrement comme en Bolivie, Pérou, Equateur, Colombie. Notre record sans (vraie) douche doit être d’environ une semaine… Avec quand même quelques bains dans les rivières ou autres points d’eau ! Le plus dur en fait, c’est pour les cheveux de Sophie. Pour le reste, ça passe !
Et on s’est toujours brossé les dents matin et soir, même dans les pires moments !  😀

  • Qu’est-ce qui vous a semblé indispensable en terme de matériel ? Et qu’est-ce que vous avez enlevé de vos sacoches en cours de route ?

Ce qui nous a été indispensable :

– Le Smartphone avec l’appli Mapps.me que l’on a utilisé tous les jours, et WhatsApp pour rester en contact avec nos proches.
– Bien sûr les vêtements techniques comme le plus important : la veste Gore-tex ! Pour se protéger de la pluie et du vent.
– Les chaussures de VTT à clip. Pour nous, les pédales automatiques sont indispensables. (Ce qui n’est pas le cas pour tous les cyclotouristes !)

Ce dont nous nous sommes séparé :

– Le déodorant ! Franchement, y’a un moment où ça sert plus à rien ! T’façon tu vas suer toute la journée alors bon…autant rester au naturel ! Et finalement, ça pue pas tant que ça grâce aux vêtements en laine de Mérino !
– La bougie de camping, inutile quand tu as ta lampe frontale, en plus la cire coulait dans la tente.
– Le dico français-espagnol, ça partait d’une bonne intention (hein Vincent ?!) mais après une journée de vélo, t’as juste la flemme de te mettre à étudier. Puis bon, c’est quand même 100 grammes en trop dans la sacoche !
– Au Etats-Unis, nous avons troqué notre réchaud à essence pour un réchaud à Gaz, plus petit, plus léger, plus pratique…ça nous a changé la vie (surtout celle de Vincent qui n’en pouvait plus d’avoir les mains noires à chaque utilisation, et ne parlons pas de l’odeur d’essence dans la sacoche…)

  • Qu’est ce qui vous a le plus manqué que vous n’avez pas emporté ?

Sophie : Un cuissard ! On pensait qu’en voyage type « cyclotourisme », le cuissard n’était pas indispensable si tu prenais une bonne selle… GROSSE Erreur !
D’une, on a pas choisi les selles appropriées (et pas testées avant le départ…erreur de débutant), de deux, le cuissard reste indispensable pour préserver ses petites fesses… On a quand même fini par en acheter en Argentine après 2 mois de voyage. Mais encore une fois, j’ai commis une erreur en choisissant un cuissard de triathlon (couche plus fine, je me suis dit que ça serait plus pratique à laver et sécherait plus vite…c’est vrai, mais c’est tout de même pas fait pour passer des heures en selle) Puis, on était en mode « budget », on a pris du premier prix…Bref, je me retrouve avec les fesses brulées.

Vincent : C’est vrai qu’un bon cuissard nous aurait changé la vie ! Je regrette de ne pas avoir pris ma selle de vélo de route avec un un bon cuissard que nous avions l’habitude d’utiliser en France. Mais allez savoir ce qui m’est passé par la tête lors des préparatifs ?
Et pour les jours de grand froid au Pérou ou en Argentine-Chili parfois, des chaussettes Gore-tex auraient été très utiles ! Car les couvre-chaussures vélo, qu’on se le dise c’est de la merde. C’est bien pour la sortie du Dimanche ou pour ne pas salir les chaussures mais ça s’arrête là. Quoi qu’il arrive, l’eau passera par le dessous de la chaussure entre les cales ou par le dessus niveau chevilles !
Je dirais également que le réchaud à essence m’aura bien embêté… Ok, c’est économique mais on a toujours les mains sales si on ne met pas de gants, ça sent, ça s’encrasse, il faut pomper un certain temps avant d’avoir une belle flamme…on a souvent eu la flemme de le sortir pour un thé (alors que ça nous aurait fait le plus grand bien) bref si c’était à refaire, je choisirais le gaz sans aucune hésitation, d’autant plus qu’on peut tenir 15 jours sans soucis avec une bouteille gros volume !
D’autres diront le contraire, mais rares ont été les moments d’autonomie totale de plus d’une semaine.

  • Quel est le coût total de votre traversée des Amériques ?

Difficile à définir vraiment, au début du voyage nous comptions tout ou presque… Mais à tout compter, à vouloir maitriser la moindre dépense, on cogite et on ne profite plus, ça a même était un sujet de dispute au début.
Du coup le mot d’ordre ensuite était d’arrêter de tout calculer. De dépenser ce dont on avait besoin, de profiter de quelques plaisirs, et quand on parle de profiter, on ne parle pas d’aller à l’hotel 4*… Mais de toujours manger à notre faim et de se faire plaisir quoi qu’il arrive et quand c’est possible, car croyez-nous quand vous vous frustrez sur la bouffe, les choses peuvent vite devenir très compliqués !
Mais pour ceux qui aiment les chiffres, on dirait approximativement 8000 €, on ne parle là que du budget sur place (sans compter le matériel acheté avant le voyage et les billets d’avion)

Après-voyage et Retour en France

  • Quel est la première chose que vous ferez à votre retour en France ?

Sophie : (Attention réponse superficielle) J’irais chez le coiffeur ! Ahah
Je comptais bien y aller ici au Canada, mais quand je vois comment ils ont coupé les cheveux de Vincent … Je crois que je préfère m’abstenir.

Non sérieusement, la première chose que je voudrais en rentrant, c’est tout simplement passer un bon moment en famille !

Vincent : Reprendre le sport sérieusement et faire soigner mes problèmes de bassin que je traîne depuis trop longtemps… (car ici au Canada, il faudrait que je casse la tirelire !)

Et une bonne soirée entre potes, à l’ancienne !

  • Quel plat vous manque le plus ?

Sophie : Vous m’auriez posé cette question il y a quelques mois dans la pampa sud-américaine, je vous aurais certainement balancé une longue liste avec la bave au coin de la bouche (crêpes, sushis, lasagnes, salades, fromage…) Mais depuis les USA, et particulièrement le workaway ici au Canada où je peux cuisiner tout ce qu’il me plait… je n’ai plus aucune frustration culinaire…Enfin, une bonne baguette avec un bon fromage feraient plaiz quand même !

Vincent : Sophie a bien résumé ! Mais je dirais un bon plat du dimanche midi dont ma mère a le secret après une bonne sortie vélo avec mon père. Un dîner chez mes beaux-parents avec une bonne bouteille de vin de la cave de Jean-Marc . Et pour finir un bon resto entre amis, j’ai souvent pensé à l’Ortolan, un restaurant que nos amis Nico et Marion nous avaient offert avant notre départ, c’était juste parfait !

  • Avez-vous de nouveaux projets ?

Ahhh ça des projets, oui on en a !!! Le problème, c’est peut-être qu’on en a un peu trop… Il faudrait pouvoir faire le tri dans tout ça, ou du moins, les mettre dans l’ordre des priorités !

« Tiens, et si un jour on voyageait en bateau ? Ouais mais j’y connais rien à la mer et perdu en plein milieu de l’océan ça fait flipper quand même ! » « Sinon, un voyage en Kayak en Scandinavie, ça a l’air trop top ! » « Faut vraiment qu’on aille au Japon… » « En rentrant, je (Vincent) me trouve un partenaire pour faire la « Cap Epic » en Afrique du sud. » « Et n’oublis pas qu’avec Nico, vous vous êtes promis de faire péter le chrono sur le Marathon de Berlin ! » « Et si on se mettait à notre compte en rentrant ? Franchement, on est passionnés, on a des idées, ça peut marcher ! » « Ouais, mais dans ce cas, c’est mieux de tenter notre chance dans notre région que l’on connait » « Ouais, mais en même temps, ça pourrait trop marcher en montagne ! » « Ouais y’a toujours Annecy dans un coin de notre tête…Et Embrun, c’est pas mal non plus ? Ouais mais c’est mort hors saison…Et pourquoi pas Lyon? Sinon il y a la Suisse aussi. » « Sinon Cantin c’est pas si mal finalement…  » « Et puis c’est quoi le principal pour nous ? Le temps libre… Se lancer à son compte, ça demande énormément d’investissement personnel…Oublis les entrainements quotidiens ! » « En fait, peut-être qu’on serait plus heureux dans un petit boulot salarié… » « Ouais, mais … » 

On y pense sérieusement, on en discute … mais rien de fixe. Tout ce que l’on peut vous dire, c’est qu’à ce jour, nous sommes bien décidés à rentrer (un jour) en France pour plein de raisons. Par contre, ce que l’on va faire et dans quelle région… ça reste encore à creuser ! Et puis nos idées changent tellement vite… nous n’arrivons pas à nous projeter à plus d’un an !
Une chose est sûre, c’est que nous avons besoin d’objectifs à court et moyen termes pour avancer, que ce soit professionnels ou personnels. Mais nous savons aussi où sont nos priorités, c’est-à-dire, être épanouis dans nos passions, avoir du temps libre pour profiter de la vie. On ne dit pas là qu’on ne sera jamais plus tête dans le guidon, métro-boulot-dodo…car bien sûr, il faut gagner sa vie ! A moins de gagner au loto, il va falloir y passer comme tout le monde ! Mais si ça peut se faire en se lançant dans un projet qui nous passionne, alors allons-y à 100% ! L’objectif n’est pas d’avoir une grande maison, une belle voiture, une grande carrière… Pour nous le principal, c’est de vivre sans (trop) de contraintes, aimer ce que l’on fait et savoir pourquoi on le fait. Pouvoir repartir du jour au lendemain si c’est ce que nous désirons… Bref, la vie quoi ! 😉

  • On vous dit de recommencer demain, vous reprenez la route ?

Sophie : No way !!!  😯
On va dire que pour l’instant, je suis pas prête…
J’ai adoré cette traversée et pour rien au monde je n’en changerais quoi que ce soit ! C’est une expérience de vie unique et qui laissera des traces sur notre façon de vivre et de penser.
Cependant, nous nous sommes aussi rendu compte que le voyage à vélo au long court n’est peut-être plus fait pour nous. Nous pensons repartir pour des petits trips à vélo, mais en mode ultra léger pour pouvoir apprécier au mieux le VTT, et sur de courtes durées (Grand max. 1 mois).
Notre idéal serait d’avoir un beau camion aménagé qui peut nous emmener partout et qui peut contenir les vélos !

Vincent : Lol ! Nan je ne pense pas… si c’était à refaire sans savoir ce qui m’attend, je referais exactement la même chose. Car nous avons vécu un voyage exceptionnel et grâce au vélo, nous avons fait des rencontres incroyables. Mais comme je l’ai déjà dit, je me suis parfois ennuyé sur mes deux roues. Et je sais aujourd’hui que le sport fait parti intégrante de ma vie et sur une si longue période, ça m’a beaucoup trop manqué.
Une idée qui s’est développé durant ce voyage serait de pouvoir voyager avec un fourgon aménagé style sprinter avec dedans nos deux vélos chacun : VTT et vélo de course (oui oui, ça peut rentrer, j’ai déjà tous les plans en tête !).
Après, j’aimerais également voyager de nouveau en Amérique Latine, pour une plus courte durée mais en moto style « enduro », afin de s’aventurer encore plus et pouvoir faire des détours sans se dire « ah nan, c’est trop loin ! »
Enfin, il y a tellement de choses à faire et ce n’est qu’un dixième des choses qui me trottent dans la tête !

  • Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui prépare une aventure similaire ?

Vincent : Pas facile de donner des conseils en sachant que chacun vit son voyage à sa façon et avec des buts différents. Nous avons rencontré des cyclotouristes transportant plus de 60 kg sur le vélo, et en être totalement satisfait puisque leur but n’est pas d’aller vite, ni de faire de grosses étapes. Dans mon cas, je ne pourrais jamais voyager comme ça, même pas une semaine ! Mais on a fait pas mal de rencontres aussi qui enviaient notre chargement « light ». La plupart des cyclos partent avec leur vie sur le vélo, avec les « au cas où » ! Mais se trimbaler 5 kg de « au cas où » sur plus de 10 000 bornes… ça fait cher les efforts payés en montagne ! C’est déjà assez dur comme ça.
Bref, je suis sûr que si on fait un sondage sur les cyclotouristes rencontrés, presque tous diront que la première chose qu’ils feraient si c’était à refaire, serait de partir plus léger car c’est quand même sur ce foutu vélo qu’on passe la majeure partie de notre journée !  😉
Donc pour ma part, le conseil que je peux donner serait de voyager le plus léger possible.

Sophie : Je suis d’accord avec Vincent, même si certains préfèrent privilégier leur confort « d’après-vélo » plutôt que sur le vélo…et je l’entends bien.
Sinon, je conseille vraiment de pouvoir parler un minimum la langue locale, sans ça, ça nous aurait très certainement fermé des portes et on aurait loupé de sacrées belles rencontres ! Donc mon conseil à moi c’est : intéressez-vous à la culture du pays et surtout apprenez un minimum sa langue, ça ne peut que vous apporter du bonus !

 

Voilà les amis, nous avons fait le tour des questions que nous avons reçu ! Nous espérons ne rien avoir oublié et si d’autres interrogations vous trottent toujours dans la tête, n’hésitez pas à commenter, nous y répondrons avec plaisir ! 

One Response to " On répond à vos questions ! "

  1. Merci à vous 2 pour ces réponses à toutes les questions qu’on pouvait se poser concernant votre périple (sauf pour les relations sexuelles !!!)hi hi hi
    Nous sommes très heureux de constater que ayez atteint votre but.
    Chapeau bas ! Profitez bien de votre séjour au Canada
    Bisous
    Claudine et Lulu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.